Les nouvelles suites BPM vers un monitoring continu des performances et plus de flexibilité

A travers les annonces récentes, on constate que l’automatisation n’est plus la seule priorité. Même si elle demeure un levier (comme toutes les solutions d’optimisation des workflows), elle cède de plus en plus de place à la course à la performance, y compris en termes de RoI, et à la flexibilité.

L’évolution actuelle des solutions BPM confirme une première tendance : la mode est aux approches user centric, donc orientées vers des utilisateurs non informaticiens, concentrés sur leur métier et désireux d’utiliser des outils apportant un ROI (retour sur investissement) qui doit être perceptible en quelques semaines, sinon en quelques jours. La prolifération des solutions Cloud en mode SaaS (Software as a Service) y est pour quelque chose.

Dans son dernier ‘Magic Quadrant’ sur les suites BPM (iBPMS, O3-2014), le cabinet Gartner rappelle les principaux atouts des solutions leaders. Il s’agit, pour les organisations d’être réactives aux incidents ou événements qui peuvent impacter leur business. Elles doivent se procurer les bonnes informations pour rapidement enclencher les bonnes décisions correctives.

En conséquence, il faut rendre toujours plus efficaces les processus déployés de bout en bout. Des fonctionnalités deviennent déterminantes comme la simulation ou la possibilité de mieux scruter les performances des processus.

La dimension collaborative, les réseaux sociaux, la mobilité

Les solutions de BPM les plus récentes ont gagné en intelligence grâce à l’introduction de la dimension collaborative ou l’intégration des réseaux sociaux ou encore grâce à la disponibilité de solutions en mobilité – donc, beaucoup de nouvelles briques provenant de données analytiques, de plus en plus accessibles, si possible en temps réel ou presque.

Le but du jeu, comme le dit le Gartner, c’est d’ « améliorer globalement les performances de l’entreprise avec plus d’excellence opérationnelle et plus de flexibilité ».

Les nouvelles suites BPM ont simplifié la prise en main d’outils ‘model-driven‘ capables d’accélérer le développement d’applications de suivi de process. C’est bien l’arrivée du SaaS qui aura un des moteurs.

Pour le Garner, ce qui caractérise les nouvelles suites BPM comme SmarterProcess (IBM) aux côtés face de celles d’Appian, Pegasystems, Software AG ou Tibco, c’est la possibilité d’apporter une visibilité en temps réel sur les processus en cours d’exécution, grâce à un monitoring en continu et à des données analytics. Les nouveaux supports facilitant les échanges collaboratifs accélèrent la réalisation des tâches jusqu’à leur exécution complète. La gestion des changements peut être activée et  suivie « dans un esprit constructif, de confiance, grâce une gouvernance intuitive efficace ».

De même, le fait d’ouvrir ces outils de BPM à la mobilité (sur les multiples devices mobiles du marché) contribue également à renforcer l’implication des métiers.

Un gros travail d’intégration

A cela s’ajoute la nécessité de mettre à disposition diverses données provenant de l’ensemble du système d’information de l’entreprise, grâce à des interfaces d’intégration efficaces. Cet accès permanent, et simplifié, aux informations clés de l’organisation permet d’être plus pertinent dans le suivi des opérations métier heure par heure, voire en quasi temps réel.

Dans le Magic Quadrant du Gartner, on constate que l’offre BPM des géants du secteur est, le plus souvent constituée d’une combinaison de plusieurs solutions d’origines diverses, dont celles résultant d’acquisition, comme par exemple Aris chez Software AG ou Lombardi Software chez IBM. On se souvient, pour Big Blue, du rachat du texan Lombardi Software (fin 2009), dont l’offre reposait sur un outil avec modélisation, Teamworks. Le nouveau package SmarterProcess, introduit il y a quelques mois regroupe toutes ces fonctionnalités nouvelles dont certaines sont inévitablement à la mode actuelle (collaboratif, analytics, accès aux réseaux sociaux, visualisation de tableaux de bord sur tablettes, etc.); c’est en effet la combinaison de produits aussi différents que Business Process Manager v8.5 (IBM), Blueworks Live (IBM), OperationalDecision Manager (ODM) v8.5, Business Monitor, FileNet Content Manager, AnalyticalDecision Management, Cognos Real-time Monitoring &Integration Bus…

Toute une panoplie à suivre et à intégrer

Selon le Gartner, cette panoplie, qui implique des ressources d’intégration non négligeables, est la seule allant d’une approche ‘pure-play‘ reposant sur de la modélisation, s’appuyant sur un middleware standard du marché et permettant d’empiler à volonté des modules ou applicatifs spécialisés, jusqu’à la gouvernance ou encore le monitoring de bout en bout.

Comme chez Software AG, entre autres, on retrouve ici, avec Process Center (IBM), le management des ‘dependancies’ (liens d’interdépendances). Le module ODM, hérité pour une large part de l’acquisition d’Ilog, organise notamment le recensement des règles métier, et se combine avec WebSphere Business Events. De même, outre l’apport de Cognos pour la partie BI et analyse prédictive, s’ajoutent des modules analytiques provenant de SPSS.

En clair, pour parvenir à de telles solutions très ‘user centric‘, rendues de plus en plus accessibles aux responsables métier sans qu’ils soient ingénieurs, spécialistes de la modélisation des process, il faut aussi être prêt à se retrousser les manches. Il faut se préparer à mettre la main à la pâte, en puisant aussi dans BPMN 2.0 (standard du marché pour la ré-utilisation de documents existants, la découverte automatique…) mais il faut aussi être prêt à intégrer quantité de modules ‘middleware’. C’est la rançon de toutes ces richesses promises.

 

D’après un article réalisé par Pierre Mangin 

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